Amsterdam: La dernière Foncedée

Les Chroniques de la Chronic

Tuesday, March 28, 2006

Amsterdam: La dernière Foncedée (épisode 7)


Fumer c’est un peu comme prendre une crème brûlée après un repas riche en calories. On sait qu’il ne faudrait pas mais la gourmandise est une force qui ne se contrôle pas.

J+7 – Un seul joint en une semaine. Juste après une fondue savoyarde riche en vin blanc, il était difficile de dire non. Je me rappelle l’école primaire lors de la remise des bulletins scolaires. Les cancres se faisaient réprimander pour n’avoir rien foutu, et ceux qui n’était pas particulièrement bons mais qui travaillaient avec acharnement se faisaient consoler par les professeurs qui nous répétaient ans cesse que nul importe le résultat, le progrès de chacun était la chose la plus importante. Je regrette assez fortement le fait que j’ai succombé à la tentation en si peu de temps mais je suis fier de moi car je n’ai fumé qu’une seule fois en une semaine alors que nous habitons dans la banlieue de Paris et qu’il est assez facile de s’en procurer. Le progrès est visible. Je fumais 5 à 6 joints par jour avant Amsterdam et je viens de passer à un seul joint en une semaine.

Cette instant de faiblesse me rappelle un épisode assez récent de ma vie. A la fin de l’année dernière mon docteur m’a conseillé d’essayer un régime très restreint afin de purger mon corps des toxines nocives au bon fonctionnement de mon corps. Le régime de désintoxication. Au régime : Légumes et grains. Interdit : L’alcool, le chocolat, le sel, le sucre, le pain, les pates, les épices, les produits laitiers, le café, la viande, le poisson. Autant dire qu’il est vivement déconseillé d’entreprendre un tel régime en France. Celui-ci se passait donc à Los Angeles.

Le premier jour je trouvais presque ça marrant sauf que la veille on avait fait un plein de fromages et d’ingrédients tous plus ou moins interdits pour ce régime. La douzaine de boites de gâteaux importés de France par ma mère on été placé à l’écart afin de ne pas succomber à la tentation. Je me suis alors découvert un côté masochiste de ma personnalité que je n’avais jamais entrevu auparavant. En effet, les gâteaux étaient visibles à l’ouverture du placard et à chaque fois que je voulais manger une délicieuse boite de petit pois verts, j’apercevais ce qui m’attendais à la fin de cette croisade. C’était un peu comme la récompense de fin de régime que j’admirais tous les jours afin de me motiver à aller jusqu’au bout de ce calvaire. Mais parfois, même quand il n’y avait rien à chercher dans ce placard, je l’ouvrais et je regardais fixement les boites de gâteaux qui n’attendait pourtant que à être manger. A la fin de la première journée, en voyant mon frigo rempli de couleurs naturelles, je me sentais soucieux. Après deux jours de ce régime de torture je n’étais déjà plus très gentil avec personne et je n’avais pas trop de force. Après trois jours je devenais obsédé par n’importe quoi qui ressemblait a de la nourriture. Marcher dans la rue devenait insupportable et même l’odeur du Mc Donald’s devenait alléchante. Je voulais tout manger et je n’avais le droit à rien. Je rêvais de buffets dignes des dernières pages d’Astérix et j’avais le droit de manger moins que qu’une actrice la veille d’une scène nue. Je ne cessais de parler du repas parfait que j’allais cuisiner à la fin du régime afin de bien ruiner deux semaines de reconditionnement.

Un soir, alors que le régime était presque terminé, une amie m’invita à manger un énorme couscous chez elle entouré du reste de la bande. J’y suis allé en sachant que je ne pourrais ni manger de mouton, ni de merguez, ni de poulet et même pas de grain de couscous car celui là n’était pas complet. Pendant que tout le monde laissait échapper des sons qui aurait pu être pris pour des bruits d’orgasme, je dégustais chaque cuillère de légumes avec beaucoup d’effort. Mais j’étais fier de moi, je n’avais pas succombé à la tentation et mon régime était bientôt fini.

Malheureusement, je n’étais pas sorti de l’auberge aussi facilement. Après le plat principal nous faisions une pause cigarette, toilettes, pètes quand tout un coup je vois apparaître sur la table une douzaine de pâtisseries d’une des meilleures boulangeries de Los Angeles. Après tant d’efforts à table et un joint qui m’a bien ré-ouvert l’appétit je décide de faire une petite exception en prenant une minuscule part de moelleux au chocolat.

Après cette part, mes mains et ma bouche se sont unifiées pour un soir afin de me pourrir mon régime. Du moelleux je passai à la tarte au citron, à la meringue, jusqu’à la tarte aux fruits rouges avant de repartir vers le moelleux. Autant dire que l’hôte était un peu aigrie que je n’ai touché qu’aux sucreries et pas à la viande mais une telle quantité de sucre après n’avoir rien manger de nocif auparavant rendait mon corps hyperactif. Je pouvais sentir le sucre couler dans mon sang et atteindre chaque organe avant de m’assommer complètement. Une crise de froid s’ensuivit et je rentrai chez moi assez rapidement. Depuis que j’avais été envoyé à l’hôpital vers l’âge de 8 ans pour avoir manger trop de sucreries (et non je ne fumais pas déjà à 8 ans) cela ne m’était jamais arriver mais je compris à quel point on apprécie plus les choses après en avoir été séparé pour quelque temps.

Si on ne baise pas pendant un certain temps il sera difficile de se contrôler la première fois afin de ne pas être trop rapide car la sensation est trop forte. Si on part en voyage on apprécie notre lit confortable et propre en revenant chez soi. Si on a pas mangé pendant toute une journée de randonnée et que l’on rentre chez soi, même l’eau aura de la saveur, si on fait de l’exercice et qu’on ne fume pas pendant un certain temps la première cigarette ou le premier joint sera beaucoup plus intense et beaucoup plus apprécié.



C’est ce qui s’est passé en ce soir de fondue. Il suffit d’un moment de faiblesse, un moment d’inadvertance. Il suffit de quelques verres de mousseux, de bières, quelques verres de pastis et du rouge sur du blanc sur du rouge et il devient tout de suit plus difficile de dire non. Non aux conneries à faire, non aux filles moches qui en profitent, non pour conduire même si ce n’est pas loin et non au pète. Je n’hésite même pas un seul instant avant de dire oui. Je tend le bras et j’attrape ce joint destructeur sans même penser a ma nouvelle résolution. Je rigole, je vois floue, j’ai du mal à comprendre la conversation à laquelle j’ai pris part mais je suis bien entouré. Ceux qui n’ont pas manger de fondue ce soir-là veulent sortir faire la fête au milieu de paris alors que les autres se rendent compte petit à petit que la fondu était quand même très liquide et que ce n’était surement pas la proportion correcte de vin blanc; mais qu’est-ce que c’était bon. Moi je ne peux aller nulle part.

Alors qu’un de mes amis confond la bouteille d’alcool à brûler avec une bouteille d’eau et la porte à sa bouche sans s’inquiéter, le temps se fige et mes yeux se ferment petit à petit. Je ne veux surtout pas montrer que je ne vais pas bien car il y a un célibataire plutôt mignonne dans la salle. Je secoue donc la tête régulièrement et je souris afin de lui montrer mon intérêt pour elle mais il est beaucoup plus facile de faire semblant d’être défoncé que de faire semblant d’être sobre. La célibataire mignonne est devenue une denrée rare à 25 ans et il ne faudrait pas la laisser s’échapper.

J’entends des bruits de pas, des gens qui se disent au revoir, je devrais surement me lever mais le mélange alcool et pètes ne passe jamais très bien. J’entend la célibataire parler a son ex petit copain. Et merde ! C’est vrai qu’on oublie jamais son ex jusqu’au jour où on sort avec quelqu’un que l’on apprécie. Tant pis, je réessayerai une prochaine fois.

Je me réveille quelques heures plus tard, tout seul sur le canapé, endormi, et ce n’est pas très original. Je ne vais pas très bien mais je décide quand même que le meilleure idée est de rentrer chez moi. Aujourd’hui je n’ai pas pris le scooter, il n’y a donc aucun risque à prendre. Je ramasse mon poêlon à fondue afin de pouvoir en refaire une au plus vite chez moi, et je commence à errer dans les rues de Courbevoie. La distance à parcourir mets en général moins de 10 minutes, aujourd’hui il me faudra 25 minutes car il faut prendre en compte les deux pauses dégueuli.
Le lendemain au réveil, ma sœur me voit et me demande si j’ai fumé la veille. Je sui obligé d’avouer mon crime, j’ai honte.

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