Amsterdam: La dernière Foncedée

Les Chroniques de la Chronic

Monday, June 18, 2007

Amsterdam: La dernière Foncedée (épisode 13)



La vie nous rappelle parfois qu’elle peut être vite écourtée et que chaque jour doit être pleinement vécu. Les gens entendent cette phrase tout le temps mais ne la comprennent pas jusqu'à ce qu’un évènement crée une étincelle qui ranime leur joie de vivre. Après avoir frôler la mort on se promet qu’aucune minute du futur ne sera gâchée.

Je me suis promis le commencement d’une nouvelle vie. Une vie active, des projets intéressants menés jusqu’au bout et de la bonne herbe…Parce que j’en avais vraiment marre de l’herbe sèche de mon dealer qui prenait à chaque fois vingt minutes pour sortir de chez lui pendant que j’attendais dans ma voiture et que les voisins qui promenaient leurs chien se demandaient ce que je faisais là. Mais pour trouver de la bonne herbe on ouvre pas simplement les pages jaunes pour appeler le commerçant du coin sauf quand on habite en Californie et qu’on peut aller acheter de l’herbe médicale.

Après avoir longtemps proclamer que l’herbe devrait être légale, je réalise un peu tar qu’il y a eu un grand pas vers la décriminalisation de la marijuana. En effet, la Californie reconnaît les effets bénéfiques de la Marijuana pour différent symptômes physiques et psychologiques. Et après avoir goûté de l’herbe médicale à quelques soirées, il était clair que la qualité était nettement supérieure à celle que je fumais habituellement. Je pris alors conscience qu’il était possible d’aller acheter de l’herbe sans attendre au froid dans une rue sombre. Il étais possible de se balader avec de l’herbe dans son sac à dos sans avoir peur de se faire fouiller. Il était possible d’acheter tu hashish sans se demander quel pourcentage de cirage à chaussure il contient. J’ai donc rassemblé mes radios, mes ordonnances, mes factures d’acuponcture et autre preuves médicales nécessaires lors de la consultation, et j’ai pris rendez-vous chez le docteur.

Après avoir attendu quelques jours comme un enfant qui attend la sortie du nouveau Harry Potter, je rentre enfin dans le cabinet médical du docteur qui va me permettre de fumer légalement. Pendant la consultation, je me demandais si le docteur se foutait de ma gueule ou si il avait juste un sourire de foncedé à jamais inscrit sur son visage. Chaque question était accompagnée d’un petit hochement de tête et un mouvement de lèvre qui laissait ressortir un sourire inquiétant. Une fois la prescription rédigée, il m’explique, que je n’ai pas le droit d’emmener mes “médicaments” en dehors de l’état. Il le sait très bien car il a failli se faire arrêter à le frontière Canadienne quand il prenait l’avion avec une bonne quantité d’herbe. Mais après avoir vu des cancérologues qui fument, des psychiatres qui congèlent des morceaux de leurs chiens morts et des urologues ont tout simplement décidé un jour que pour le reste de leurs vies ils allaient touchers des anus, plus rien ne m’étonne. En revanche ce que j’ai appris ce jour là, c’est qu’il existe deux sortes de marijuana. Une avec un effet proche d’un expresso très concentré, qui fait rire, donne de l’énergie et fonctionne très bien pour faire la fête : la Sativa. C’est un effet plus mental que physique. L’autre, l’Indica, est parfaite pour mes maux de poignets, elle endort le corps et aide a se relaxer ou a s’endormir. Les deux effets sont parfois combinés génétiquement dans certaines plantes. On fume donc en sachant à quoi s’attendre, en choisissant l’effet désiré et on fume différemment selon l’heure de la journée.

Dès qu’il me remet l’enveloppe en main, je m’arrête à la banque afin de prendre un peu de monnaie et je file vite au club le plus proche (les “pharmacies” de marijuana sont appelées des clubs ou ces coopératives).

Je rentre dans une salle d’attente avec quelques sièges, des revues sur…la marijuana bien sûre, et un vite teintée d’où provient une voix qui me demande de remplir un formulaire puisque c’est ma première fois. Une personne sort enfin de la porte blindée qui ne s’ouvre que de l’intérieur (ces magasins se protègent comme les banques ou les magasins de bijoux tant la valeur de la marijuana est énorme). Après avoir appelé mon docteur afin de vérifier la légitimité de ma prescription il m’invite dans le paradis que je n’avais auparavant que vu dans les films. Dans les vitrines éclairées on peut voir des dizaines de bocaux en verre remplie d’herbes différentes avec des noms comme le cat piss, le trainwreck, le white russian et bien sur le white widow…mais il y a aussi du hash, des cookies, des brownies, des sucettes, des boissons…tout ce qu’il faut pour bien se sentir mieux. Il est bien difficile de savoir par quoi commencer. Je m’aventure alors et je choisis la “strawberry haze” pour son goût fruité et son effet stimulant et comme c’est ma première visite, ils m’offrent un gramme…ils sont commerçants ces pharmaciens, j’aime bien. Lorsque j’essaye d’ouvrir la porte de sortie ils me souhaitent une soirée remplie de fous rires.

En ouvrant la boite dans laquelle l’herbe est vendue, je sens une odeur fraîche et envoûtante qui me pousse à penser qu’il ne faudrait peut être pas abuser sur la dose pendant mon premier essai. Je roule donc un spliff que je partage avec les quelques chanceux qui m’entouraient et je repars chez moi avec un grand sourire et une énorme faim qui me rappelaient mes premières foncedées. Ce jour là, je n’avais qu’un regret, ne pas être aller chercher cette prescription plus tôt.


Il m’était difficile d’écrire sur ce blog derièrement pour de nombreuses raisons comme le travail, la nouvelle saison de 24 heures, le déménagement, les voyages mais surtout le fait que me sentais coupable de contiuer ce blog alors que j’avais bien recommencer à fumer. Je pensais donc que cette histoire touchait à sa fin. Mais comme dit l’expression “Y’a que les cons qui ne changent pas d’avis”. Depuis que j’ai recommencé j’ai entrepris un projet de photographie, je suis devenu jardinier, et je ne suis jamais trop stressé au travail ce qui me permet de me concentrer sur ce que je fait au lieu de voir tous les gens agités autour de moi. Je me rend donc compte que cette histoire ne fait que commencer mais qu’elle prend un grand tournant. Ceci est mon histoire mais aussi l’analyze de la culture de la marijuana et alors que je croyais avoir à peu près tout découvert sur l’univers de la marijuana je m’aperçois qu’un tout autre aspect de cet univers de foncedés m’attend avec l’été qui arrive : Apprendre à Jardiner.



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